dimanche 15 janvier 2012

Concordia: un couple sauvé, le commandant arrêté

Un couple de Sud-coréens en voyage de noces a été sauvé de l'épave du Costa Concordia dimanche matin, mais le nombre de disparus oscillait toujours entre environ 40 et 60 dans le naufrage du navire de croisière qui a fait trois morts près d'une île de Toscane. Le commandant du bateau, Francesco Schettino, ainsi que son second, Ciro Ambrosio, ont été arrêtés, accusés notamment d'homicides multiples et d'abandon du navire.

L'accident s'est produit vendredi soir quand le Costa Concordia, transportant 4.229 personnes, dont une majorité de touristes italiens, français et allemands, a heurté un rocher près de l'île du Giglio, selon les éléments recueillis. Le commandant du navire "s'est approché de manière très maladroite de l'île du Giglio, a heurté un rocher qui s'est encastré dans son flanc gauche, faisant s'incliner (le navire) et embarquer énormément d'eau en l'espace de deux, trois minutes", a indiqué le procureur de Grosseto Francesco Verusio à la presse.

Le commandant Schettino s'était auparavant défendu en affirmant avoir "heurté un éperon rocheux" qui ne figurait pas sur les cartes nautiques, une hypothèse exclue par les garde-côtes. Un couple de jeunes mariés sud-coréens en voyage de noce, tous deux âgés de 29 ans, a été sauvé dans la nuit de samedi à dimanche de l'épave, après avoir passé 24 heures coincé dans sa cabine. Réagissant à Séoul, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué à l'AFP qu'"un total de 35 Sud-coréens, dont deux membres d'équipage, ont été retrouvés jusque là", sans disposer encore d'autres détails.

Combien de passagers?

Le préfet de Grossetto, Giuseppe Linardi, avait annoncé plus tôt "trois morts confirmés" et indiqué que 41 personnes manquaient encore à l'appel, en confrontant les listes de l'armateur, parlant de 4.231 ou 4.229 passagers et membres d'équipage, et celles des (...)Lire la suite.

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La zone euro sous le coup de Standard and Poor's et de la menace grecque

Une nouvelle semaine de tourmente s'ouvre pour la zone euro après la dégradation coup de massue de neuf de ses membres, dont la France, appelée à passer jeudi un test crucial auprès des marchés sur lesquels pèse aussi le spectre renaissant d'une faillite de la Grèce.

La réouverture lundi des places financières dira si les investisseurs ont digéré le tir groupé de Standard and Poor's (SP). L'impact de sa décision, déjà anticipée, est apparu limité vendredi sur les Bourses européennes et à Wall Street, qui ont clôturé en petite baisse.

La principale des trois grandes agences d'évaluation financière, qui menaçait depuis décembre d'abaisser les notes de 15 des 17 Etats de l'Union monétaire, en a dégradé neuf.

La sanction la plus spectaculaire est tombée sur la France. La deuxième économie européenne se retrouve privée, avec l'Autriche, de son AAA. Désormais notée AA+, elle décroche de l'Allemagne, seule à conserver la meilleure note possible dans la zone euro avec la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas.

Les pays déjà dans le viseur des marchés sont aussi durement frappés: l'Italie et l'Espagne ont été dégradées de deux crans, la Slovaquie, Malte et la Slovénie d'un cran, et les dettes du Portugal et Chypre ont été reléguées au rang d'investissements "spéculatifs".

Pire: hors l'Allemagne et la Slovaquie, tous les pays de la zone sont menacés d'une nouvelle dégradation d'ici fin 2013 par l'agence SP, qui évalue ce risque à un sur trois.

L'abaissement de la note financière d'un pays se traduit, en principe, par une hausse des taux d'intérêt auxquels il refinance sa dette. Pour la France, la première épreuve déterminante est attendue jeudi. Paris espère lever 7,5 à 9,5 milliards d'euros, sur 178 milliards d'emprunts prévus cette année.

L'opération sera d'autant plus scrutée qu'elle sera la seule à grande échelle de la semaine, si on excepte un emprunt à court terme lundi également par la France.

Le Premier ministre François Fillon a estimé que la perte du AAA n'aura pas de "conséquences immédiates pour la vie quotidienne des Français", soulignant dans une interview au Journal du dimanche (JDD) le niveau "historiquement faible" des taux appliqués à la France, légèrement au-dessus de 3%.

La gifle de Standard and Poor's a enflammé la campagne électorale pour la présidentielle. A moins de 100 jours du vote, elle tombe mal pour Nicolas Sarkozy, candidat attendu à un second mandat.

Favori des sondages, son adversaire socialiste François Hollande l'a accusé d'avoir "perdu" sa "bataille" pour "la conservation du triple A", dont il a longtemps fait une priorité.

Rompant deux jours de silence, M. Sarkozy a annoncé dimanche qu'il présenterait "aux Français à la fin du mois" des réformes pour sortir de la crise. Sans parler ouvertement de la dégradation, il a évoqué "une épreuve qu'il ne fallait ni sous-estimer, ni dramatiser à l'excès".

"La France reste un pays sûr" financièrement, a répété la veille François Fillon.

Plus que jamais première de la classe européenne, l'Allemagne a affiché ce week-end une solidarité appuyée avec Paris et ses autres partenaires.

Il reste "encore un long chemin" à la zone euro pour regagner "la confiance des investisseurs", a concédé la chancelière Angela Merkel, accentuant la pression pour une rigueur budgétaire accrue. "Il est cependant aussi visible que nous sommes engagés de façon décidée sur ce chemin d'une monnaie stable, de finances solides et d'une croissance durable", a-t-elle toutefois relativisé.

"Nous sommes tous étroitement liés les uns aux autres", a fait valoir son ministre des Finances Wolfgang Schäuble. "Nous sommes ensemble sur la bonne voie", a-t-il estimé.

Jugée "aberrante" par la Commission européenne, la décision de SP, tombée à un moment où le risque d'aggravation de la crise semblait s'éloigner, a valu à l'agence une volée de critiques un peu partout en Europe. Jusqu'au Vatican, dont l'organe officiel, l'Osservatore Romano, a fustigé samedi une "attaque" programmée "avec un sens du calendrier parfait et suspect".

Au delà de la France, l'Italie ou l'Espagne, SP porte un jugement critique sur l'ensemble des dirigeants de la zone euro. "L'environnement politique dans la zone euro n'a pas été à la hauteur des défis croissants engendrés par la crise", a résumé samedi Moritz Kraemer, le responsable de l'agence pour la notation des dettes européennes.

"L'efficacité, la stabilité et la prévisibilité de la politique et des institutions politiques européennes ne sont pas aussi solides qu'il le faudrait", juge SP, visant notamment le futur traité de stricte discipline budgétaire poussé par Berlin avec l'appui de Paris, à qui elle reproche de reposer "sur le seul pilier de l'austérité".

Les dégradations de vendredi sont porteuses de lourdes répercussions pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ce mécanisme de secours pour les pays en difficulté risque lui aussi de voir son triple A s'envoler dans les prochains jours, du fait de l'abaissement de la note française.

Un tel revers arriverait au pire moment, en plein regain d'inquiétudes sur la Grèce, épicentre de la crise depuis 2010.

Les banques, engagées dans un bras de fer avec les Européens sur l'effacement de la moitié de la dette grecque qu'elles détiennent, menacent de revenir sur leur engagement à une restructuration volontaire. Faute d'accord, une faillite incontrôlée du pays pourrait intervenir fin mars.

Suspendues vendredi, les négociations doivent reprendre mercredi, au lendemain du retour à Athènes de la troïka Commission européenne-BCE-FMI des bailleurs de fonds internationaux du pays.

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Syrie: le régime annonce une amnistie pour les manifestants

Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué dimanche une amnistie générale pour les personnes impliquées dans la révolte qui secoue le pays depuis 10 mois, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, l'enjoignant d'"arrêter de tuer".

"Le président Assad a promulgué un décret stipulant une amnistie générale pour les crimes commis pendant les événements, entre le 15 mars 2011 et le 15 janvier 2012", a rapporté dimanche l'agence officielle Sana.

Cette amnistie concerne essentiellement des infractions à des lois sur les manifestations pacifiques, le port d'armes ou la désertion de l'armée. Mais le régime avait déjà annoncé des amnisties pour les manifestants le 31 mai puis le 21 juin.

"Les lois sont décrétées mais ne sont pas appliquées", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que l'organisation, basée en Grande-Bretagne, disposait de "preuves que plusieurs personnes qui devaient bénéficier de ces mesures sont toujours en détention".

Dans un communiqué, les Frères musulmans syriens ont également jugé que cette nouvelle annonce n'était "ni crédible ni sérieuse" de la part du régime qui "tente de rendre crédible son projet illusoire de réconciliation et de dialogue national".

Selon les Frères musulmans, quelque 60.000 personnes au total ont été arrêtées depuis le début de la contestation. Ces dernières semaines, les autorités syriennes ont annoncé la libération de plusieurs milliers de détenus impliqués dans "les événements" mais n'ayant "pas de sang sur les mains".

A Beyrouth, le chef de l'ONU a lancé un appel au président syrien: "M. Assad, mettez fin à la violence, arrêtez de tuer vos concitoyens, la répression mène à l'impasse", a-t-il insisté lors d'une conférence de l'ONU sur la transition démocratique dans le monde arabe.

"Celui qui exerce le pouvoir en usant de la force ou de la coercition court à sa perte. Un jour ou l'autre son peuple l'abandonne", a poursuivi M. Ban, citant le célèbre philosophe arabe du 14e siècle, Ibn Khaldoun.

Le chef de l'ONU, en visite pour trois jours au Liban, avait affirmé samedi que la crise prenait une "tournure dangereuse" en Syrie, où la répression a fait plus de 5.000 morts depuis le début de la révolte le 15 mars selon une estimation de l'ONU début décembre.

En visite en Birmanie, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé dimanche l'inaction de l'ONU: "Le massacre continue, le silence du Conseil de sécurité aussi. Cette situation devient intolérable".

La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution sur la Syrie en octobre. Moscou a proposé une nouvelle résolution condamnant la violence du gouvernement comme de l'opposition, un texte jugé trop timoré par les Occidentaux.

"La Ligue arabe s'était donnée jusqu'au 19 janvier pour apprécier la situation, je souhaite fortement qu'elle fasse un constat aussi objectif que possible et qu'elle puisse communiquer ce constat au Conseil de sécurité", a ajouté M. Juppé, redoutant un enlisement de la mission d'observation.

Cette mission, entamée le 26 décembre, devait surveiller l'application du plan de sortie de crise défendu par la Ligue arabe et prévoyant en premier lieu l'arrêt des violences. Or, selon un responsable de l'ONU, 400 personnes ont été tuées dans les deux premières semaines de leur mission.

Dans ce contexte, l'émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, s'est dit samedi favorable à l'envoi de troupes arabes en Syrie afin de "mettre fin à la tuerie", la première prise de position en ce sens d'un dirigeant arabe.

Amr Moussa, ancien chef de la Ligue arabe et candidat à la présidentielle égyptienne, a estimé dimanche que l'envoi de troupes en Syrie était une "proposition importante" que l'organisation panarabe devrait "étudier". "Le sang qui coule actuellement ne présage rien de bon", a-t-il insisté.

Le président tunisien, Moncef Marzouki, s'est en revanche opposé à cette idée, estimant qu'elle constituerait "un suicide" et conduirait à une "explosion" de tout le Moyen-Orient.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a déclaré samedi à l'AFP que la mission des observateurs, prévue au départ pour un mois, serait "réévaluée" lors d'une réunion le 21 janvier au Caire, après un nouveau rapport du chef de la mission.

Un responsable de l'organisation panarabe a ajouté dimanche à l'AFP qu'aucun observateur supplémentaire ne serait envoyé en Syrie d'ici là.

Sur le terrain, six ouvriers ont été tués et 16 autres blessés dimanche dans l'explosion d'une bombe au passage de leur bus dans la région d'Idleb (nord-ouest), a rapporté l'agence officielle Sana en précisant que deux autres bombes avaient été désamorcées dans la région.

L'OSDH a annoncé "au moins cinq" morts dans cet attentat, ainsi que le décès d'un civil dimanche sous des tirs en provenance d'un barrage à Homs (centre).

En outre, des milliers de manifestants ont accueilli les observateurs arabes à Zabadani (près de Damas) et à Maaret al-Noman (nord-ouest) en appelant à la chute du régime, selon l'OSDH.

Les opposants syriens veulent que la Ligue arabe, incapable selon eux d'aider à protéger les civils, transmette le dossier à l'ONU.

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L'émir du Qatar est favorable à l'envoi d'une force arabe en Syrie

La Ligue arabe devrait 'étudier' l'idée d'envoyer de troupes en Syrie, évoquée par l'émir du Qatar, affirme, dimanche 15 janvier, Amr Moussa, ex-chef de l'organisation panarabe et candidat à la présidentielle égyptienne. 'C'est une proposition très importante. Je pense que la Ligue arabe devrait l'étudier et lancer des consultations à ce sujet', a indiqué M. Moussa en marge d'une conférence de l'ONU à Beyrouth sur la transition démocratique dans le monde arabe. 'Nous sommes contre le recours à la force contre les citoyens. Le sang qui coule actuellement ne présage rien de bon', a poursuivi M. Moussa. 'La situation en Syrie est dangereuse, elle nous inquiète tous. J'appelle à mettre fin à cette situation et à traiter les citoyens de manière convenable', a-t-il souligné. 'Le monde arabe passe par une période de changement radical et toute tentative d'entraver cette période-là est vouée à l'échec', a encore prévenu le candidat à la présidentielle égyptienne.

ARRÊTER L'EFFUSION DE SANG

Le Qatar a proposé, samedi 14 janvier, l'envoi d'une force arabe en Syrie pour mettre fin aux affrontements entre l'armée et les opposants au président Bachar Al-Assad, qui durent depuis dix mois. Interrogé par la chaîne de télévision CBS dans le cadre de l'émission 60 minutes à propos d'une éventuelle intervention arabe en Syrie, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, a répondu: 'Face à une telle situation, et pour arrêter l'effusion de sang, il faudrait envoyer des troupes (...)'. CBS précise sur son site internet que l'interview de l'émir sera diffusée dimanche. Le premier ministre qatari, qui dirige la commission de la Ligue arabe chargée de la Syrie, a déploré la poursuite des violences malgré la présence des observateurs de la Ligue.

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Irak: sept policiers tués dans une série d'attaques à l'ouest

Sept policiers ont été tués et 19 personnes blessées dans une série d'attentats à la bombe et l'attaque par des hommes armés d'un complexe abritant des bâtiments de la police dimanche à Ramadi (100 km à l?ouest de Bagdad), ont annoncé la police et des médecins.

Les forces de l'ordre ont réussi vers 15H00 (12H00 GMT) à reprendre le contrôle du bâtiment où les hommes armés étaient retranchés depuis la mi-journée, a déclaré le général Hadi Arzaig, chef de la police de la province d'Al-Anbar.

"Les six terroristes ont été tués à l'intérieur du bâtiment où ils étaient cachés et la situation est sous contrôle de la police", a-t-il déclaré.

"Nous avons reçu 7 cadavres de policiers et 19 blessés, dont 16 policiers et 3 civils dans les attaques d'aujourd'hui à Ramadi", a annoncé de son côté une source à l'hôpital général de Ramadi.

Les premières attaques ont commencé vers 11H30 (08H30 GMT), selon des sources de sécurité. Deux voitures piégées ont explosé près de la mosquée Dawlah Kabir, et une troisième a suivi peu après dans le centre de la ville.

Ces trois premières explosions ont fait trois blessés, selon la police et un médecin.

Une quatrième voiture piégée a explosé près d'un complexe de 3 immeubles dont l'un abrite des services d'investigation de la police, et deux kamikazes ont fait détonner leur charge à l'entrée de l'enceinte entourant ces bâtiments, selon le major général Adel Daham, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Des hommes armés ont ensuite fait irruption dans l'enceinte du complexe avant de se retrancher dans l'un des trois bâtiments, en construction.

Le 3 octobre, une précédente attaque du même type contre un poste de police près de Ramadi s'était soldée au bout de plusieurs heures par la mort de cinq personnes, dont le chef de la police, ainsi que celle des assaillants.

Ramadi, ville d'un demi-million d'habitants, est la capitale de la province sunnite d'al-Anbar, un ancien bastion de l'insurrection sunnite anti-américaine et de la branche irakienne d'Al-Qaïda.

La province a été pacifiée après le recrutement par l'armée américaine en 2007 de miliciens sunnites, pour la plupart d'anciens insurgés.

Dimanche, d'autres attentats à la bombe à Baïji et Kirkouk, au nord de Bagdad, ont en outre fait 13 blessés dont 3 policiers, selon des sources de sécurité.

Ces nouvelles violences surviennent au lendemain d'un attentat commis par un kamikaze contre un groupe de pèlerins chiites, qui a tué au moins 53 personnes près de Bassora (sud), au plus fort des commémorations du deuil de l'Arbaïn, l'une des principales célébrations de l'islam chiite.

Elles interviennent en outre alors que la crise politique qui oppose des dirigeants sunnites et chiites semble toujours dans l'impasse.

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Tunisie: comment les Tunisiens ont vécu la chute de Ben Ali

«Je pensais que j'allais mourir et tout ce que j'espérais c'était une mort sans souffrance.» Elle est belle Ons, avec sa chevelure folle et ses yeux rieurs. Et quand elle prononce cette phrase on se demande comment elle arrive à le faire sans faiblir. Le 14 janvier 2011, lorsque son père la dépose en voiture, avec ses deux soeurs, sur l'avenue Bourguiba, Ons ne sait pas encore qu'elle va vivre une journée particulière.

A midi il doit passer les récupérer. Mais Ons n'a pas décroché son téléphone quand l'heure est venue, parce qu'elle voulait rester plus longtemps. Alors son père est rentré à la maison et Ons est restée à hurler avec les autres devant le Ministère de l'intérieur. Sauf que quand les gaz lacrymogènes et les coups ont commencé à pleuvoir, elle a perdu ses soeurs. Elle s'est réfugiée, comme beaucoup, dans le centre commercial qui fait face au Ministère. Et puis une de ses soeurs lui a demandé de la rejoindre dans la rue. Ons est sorti.

«Il y avait des gens qui couraient partout, des policiers dans tous les sens, des gaz lacrymogènes. Devant un immeuble quelqu'un m'a fait signe d'entrer vite. On est monté se réfugier dans un appartement.»

Ils sont une cinquantaine, entassés dans les locaux d'une société de production audiovisuelle.

«Dans tous les appartements de l'immeuble il y avait des gens. Nous voulions sortir. On pensait qu'au bout d'un moment, ça allait se calmer. Mais les cris dehors continués, il y avait du gaz partout et on entendait des coups de feu. Les policiers ont fini par entrer dans l'immeuble à la recherche de manifestants. Quand ils sont arrivés à notre porte et qu'ils ont tapé en hurlant nous avons retenu notre souffle, personne n'a dit un mot. Et puis ils sont partis.»

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